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Au fil de la maladie

Au fil de la maladie

Biographie, maladie

L’après chirurgie

Je me réveillai avec la sensation qu’un éléphant s’était couché sur moi. Complètement engourdie, assommée, et encore droguée par l’anesthésie. J’étais aux soins intensifs et la chirurgie n’avait pas duré 4h tel que prévue mais 8h. Par son odeur de parfum, je réalisai que mon chéri était là prés de moi. Ça me rassurais. Je le sentais inquiet. Les voix résonnaient dans ma tête sans même que j’arrive à bien distinguer ce qui se disait autour de moi. Je restai aux soins intensifs 24h.

On me remonta dans une chambre qui était juste devant le poste des infirmières. Je n’avais juste à lever le moindre petit doigt pour que quelqu’un intervienne. J’avais des machines et des tubes de partout. Lorsque mon fils vint me voir pour la première fois, il a manqué de faire un malaise. J’’avais attendu 5 jours avant de l’autoriser à venir,
parce que j’avais un tube dans mon nez (Tube nasogastrique) ainsi que l’oxygène et je ne voulais pas qu’il soit traumatisé par ça. Des amis l’avait pris en charge quelques jours, ainsi que la maman d’un de ses amis, afin que mon conjoint ait le moins possible à s’occuper de lui. Surtout qu’à cette époque, du haut de ses 11 ans, ça restait un petit garçon incapable de faire un pas sans sa mère (à mon grand bonheur).

Je restai une dizaine de jours hospitalisée. Les douleurs étaient atroces, je marchais comme une grand-mère, si j’avais le malheur de tousser c’était atroce et le pire est que j’étais seule. Mon conjoint toujours plongé dans son resto ne rentrais pas plus tôt et lorsque je tournai en rond la nuit parce que je ne dormais pas et que je l’appelais, je ne sentais pas d’empathie, rien. Je déprimais je vivais l’enfer. Etant une femme active, voire hyper active, je laissais tomber travail, zumba, gym et balades avec les copines pour des journées allongées sur mon canapé à regarder toutes les séries qui passaient sur le petit écran. J’avais hâte de retourner travailler.

Je repris le chemin du travail début décembre. Chaque matin était un nouveau défi. N’ayant pas retrouvé toutes mes forces d’avant, je me donnais comme objectif d’arriver à mon bureau un peu plus rapidement que la veille. Je devais prendre le métro et marcher ensuite une bonne dizaine de minutes pour m’y rendre en temps normal, il est vrai que ce fut un vrai parcours du combattant au début. Mais j’y suis arrivée.

Mi décembre, me voilà prise de fortes douleurs. Un collègue pris la décision de m’amener aux urgences. Après avoir fait un scan, on m’annonça que le pontage était bouché. Je n’en croyais pas mes yeux. La chirurgie n’avait servie à rien. J’ai du faire un angiogramme [1] afin de confirmer le diagnostic. La seule semaine où le restaurant fut fermé durant ses 3 ans d’existence, moi j’étais aux soins intensifs et mon chéri qui venait me voir tous les jours. Je n’en croyais pas mes yeux. Le destin avait décidé de ne pas nous laisser un peu de bon temps.

Mon chirurgien ne voulu pas me réopérer. Tout d’abord parce qu’il était trop tôt, deuxièmement c’était une chirurgie bien trop dangereuse c’est malheureux à dire , mais il préféra attendre, soit que je fasse une énorme crise et que je me retrouve à l’urgence ou que je perde beaucoup trop de poids. Ce qui ne fut pas bien long, en un an, je perdis dix kilos. Je ne mangeais presque plus rien et je devais changer de garde robe quasiment tous les mois.

L’année 2012 fut relativement tranquille côté médical. Je ne pouvais pas en dire autant sur ma vie de couple. Ce maudit restaurant nous menait la vie dure. Depuis l’ouverture en septembre 2009, ma douce moitié y passait ses jours et ses nuits. Je me réveillais pour partir travailler quant lui rentrait se coucher. Les seules fois où nous étions ensembles, c’est lorsque j’y allais prêter main forte. En plus de mon boulot, j’y travaillais le week-end et parfois le soir. Entre les problèmes de personnel et les problèmes financiers, ce resto était en train de nous séparer après douze ans de  vie commune. Je ne concevais pas qu’il y passe autant de temps. J’estimais que cela ne changeait rien et surtout je voyais nos économies avalées en grosses gorgées par ce resto. Nous n’avions plus de vie de couple, plus rien.

Jusqu’au jour où il fallu qu’il mette la clé sous la porte. C’était fini. Plus de resto, plus d’argent et plus de travail pour lui. Et quand on est un homme de 45 ans avec un minimum d’égo, c’est très difficile d’accepter. Il se retrouva vite en dépression et broyait du noir . Ma santé fragile, lui passait par-dessus la tête et tout le reste d’ailleurs.

 

[1] Un angiogramme est un examen permettant de voir les vaisseaux sanguins du corps. Un tube appelé cathéter est placé dans une veine du haut de la jambe, dans l’aine ou dans votre bras. Un colorant est injecté dans le cathéter. Des radiographies sont prises pour examiner votre circulation sanguine.

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