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Au fil de la maladie

Au fil de la maladie

Biographie, maladie

Jamais deux sans trois

Je continue mon récit sur ce qui m'est arrivée depuis le 14 avril 2014. Je ne peut pas appeler ça une maladie, mais juste une accumulation de complications qui ont fait que depuis cette date je vis un véritable enfer.

Je résume en 3 ans d'hospitalisation, les faits, mon ressentis et pour le plaisir un peu, sinon l'histoire va être triste et longue mes passions.

Je remercie toutes les personnes qui vont lire mon histoire.

Karine

Le 8 Mai suivant, soit trois semaines après ma dernière chirurgie, un médecin entra dans ma chambre et me dit.

- « Madame, l’infection est énorme, s’est répandue dans tout votre abdomen, pour votre sécurité, il faut que nous vous réopérions ».

- « Quoi!!!! Alors ça s’en est trop, il est hors de question que je retourne sur la table d’opération!» Mon chirurgien étant en vacances à pris la peine de me téléphoner pour me convaincre que cette chirurgie était très importante et que cela n’allait pas durer longtemps. Il s’agissait seulement de nettoyer l’infection qui gagnait du terrain. Je fini par me faire convaincre et me voilà reparti pour une troisième fois en même pas un mois sur le billard. Je n’en pouvais plus autant physiquement que moralement. S’en était trop.

En fin de compte, ils ont juste ouvert, observé les dégâts et n’ont pu malheureusement rien faire. Les organes étaient collés les uns aux autres à cause de l’infection. Si par malheur ils essayaient quoi que se soit, c’était un désastre. On en était déjà pas très loin! Je ressortis de cette opération avec une belle plaie ouverte. Un vrai film d’horreur.

Si vous saviez dans quel état j’étais. J’avais autant de machines que la NASA en a, et il fallait que je me lève et remarcher. Je pesais 42 kg, juste assez de force pour me tenir debout. Cela faisait un mois que j’étais hospitalisée et je n’avais pas mis le nez dehors depuis ce fameux 14 avril. Les visites de mes amis se succédaient, cela me faisait du bien de discuter et de rire un peu. Bien évidement, je ne pouvais manger et boire et j’étais obsédée par ça. Je m’alimentais en regardant des émissions de cuisine à longueur de journée. Parfois, j’en avais même l’eau à la bouche tellement j’avais envie de manger.

Mes douleurs étaient assouvies par des anti-douleurs à forte dose. Moi qui ne prenais pas un seul médicament dans le passé, je peux vous dire que malgré moi, à l’heure d’aujourd’hui un cheval serait endormi avec ce que je prends.

Quant aux pansements, même ma peau ne supportait plus rien. À chaque changement de pansement c’était une vraie torture autant pour moi que pour les infirmières. Cela prenait au moins une heure et je criai de douleurs. Bien entendu, je ne voulais pas voir cette plaie ouverte. J’en avais assez des commentaires des infirmières.

Un jour on m’annonça que j’avais une fistule. Hein c’est quoi ce truc!! Comme j’étais un peu à côté de mes «pompes», j’enregistrais sans trop et comprenais la moitié de ce que l’on me disait. Mais c’est quoi une fistule? En résumé, c’est un trou dans un organe. Pour les curieux, je donne la définition ici. En ce qui me concerne, elle était située entre l’œsophage et l’intestin. Donc, dès que je mangeais (lorsque j’ai pu) ou buvait, tout ressortait par ce trou. Génial! On me posa donc un sac qui permettait de récupérer les liquides de cette fistule. Liquides gastriques en tout genre puisque je ne mangeais toujours pas. Le Docteur Vanounou m’affirma à plusieurs reprises qu’elle se fermerait un jour. Il fallait juste être patient.

Mon conjoint passa des nuits entières à se renseigner dessus. A savoir comment c’était, les raisons de son apparition et surtout les traitements.

Ma plaie se refermait petit peu par petit peu. Mais ce n’était pas la grande forme. J’eu pendant une période de l’œdème au niveau des jambes. Elles avaient quadruplé de grosseur. Je pesais 60 kg!!!! Quand un mois auparavant j’en pesais 20 de moins. Je n’arrivais pas à me tenir sur mes jambes tellement elles étaient énormes. Pour que cela passe, les médecins me forçaient à manger ultra protéiné. Mais à quoi bon puisque tout ressortait par la fistule. Je me suis bagarré avec eux pendant plus d’une semaine pour qu’ils me donnent de l’albumine (qui est logiquement fabriquée par notre système) pour que l’eau parte de mes jambes. Mais rien à faire, ils insistaient pour que je mange en prétextant que s’était trop dangereux de me donner de l’albumine. Entre vous et moi, au point où j’en étais, ça ne pouvais pas être pire. Il a fallu que je pique une crise de nerfs le jour où n’étant pas capable de me lever pour aller faire pipi, j’ai fait dans mon lit. Alors là, je leur ai dit que je n’avais pas 80 ans pour pisser au lit, que je ne pouvais plus bouger et que j’EXIGEAIS l’albumine. J’eu enfin gain de cause et en 24h, je repris ma taille de « guêpe ».

Les mois passèrent, je marchais un peu mieux, les machines disparaissaient au fur et à mesure du temps, jusqu’au jour où il n’en resta plus qu’une. Et pas des moindre!! Celle qui allait m’alimenter. Non pas comme du gavage mais par intraveineuse. LE TPN.

On m’annonça que pour moi les repas, c’était terminé. Fini les repas en famille, les restos, les confiseries et viennoiseries en tout genre. Il fallait que je fasse le deuil sur l’alimentation. Et bien croyez moi qu’il faut le vivre pour se rendre compte que manger n’est pas seulement vital.

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